Haute-provence INFO 27 août 2018

Simiane-la-Rotonde : Expo Polysphères ou la poésie des sphères...

À voir jusqu'au 30 septembre. Stélin, sculpteur, a confié ses créations aux fantômes des « gardes » de la salle de garde (ronde) de la Rotonde.

Autodidacte, il a débuté en 2015 une œuvre diverse et originale avec des machines Zen ou à respirer, et une mécanique du monde.

Jusqu'au 30 septembre, il donne à voir des jeux de sphères dont l'ombre projetée affirme le mystère.

Tout petit, confie-t-il, il est né la tête dans les étoiles, et sans doute est-il tombé dans les boîtes de Mécano réservées aux « grands ».

Son travail repose sur beaucoup de calculs, de dessins, de maquettes à l'échelle, de recours à l'ordinateur, de laser, tout un art indéfinissable à monter en « kit » qui unit « bricolo-inventeur » et artiste.

Il s'agit de créer et d'apprivoiser un objet dont le centre est partout et la circonférence nulle part...

Puzzle en volume, il résout la quadrature de la sphère et c'est avant tout affaire de poésie, ce qu'il revendique haut et fort... Ces objets qu'il emplit de son « énergie », ne présentent « ni début, ni fin » ce qui fascinait Pythagore.

Le plus redoutable est leur instabilité, aussi lutte-t-il, leur insufflant son « magnétisme » qui rayonne en douceur. Cosmologue improvisé, il dénomme une de ses sphères « Pentagonale D88RR », ainsi identifie-t-on les galaxies. De ses « Dodécaèdre adouci », « Tournéjemboule », » Scoubisphère », « Choisisphère », « Carrément sphérique » et autres vocables naissent une invention verbale qui enroule les mots « sphériquement » !

Ses sphères sont creuses, alors qu'y mettre ? Selon lui, de la Lumière, au sens premier, même s'il joue parfois avec des ampoules. Quant au public, qu'il y place ses rêves, précise-t-il...

Et la musique des sphères ? forcément céleste ? il y est sensible, lui qui écoute en boucle dans son atelier le « Stabat mater » de Pergolèse. D'une certaine sphère émane des sons graves, il en ferait volontiers la bande son de son expo...

Sa « Schubbenbol » évoque Schubert, peut-être au bénéfice du doute !

Un univers propre à chaque sphère...

Si la sphère est le symbole éminent d'une mémoire parfaite, vous conserverez de votre visite le souvenir d'un art d'application et d'un « geste poétique », loin des installations « forcément » monumentales, assorties d'un discours abscons qui hantent parfois les jardins de Versailles et autre cours Carrée du Louvre.

L'art contemporain ne se trouve pas nécessairement « ailleurs » !

Stélin tente de pratiquer un « art polyédrique » moderne, ajoutons qu'il est magique.

Michel JUBIN